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Dialogues autour de l'économie sociale et solidaire au Grand Lyon : actes de la rencontre du 30 novembre 2011

le 15 février 2012

Le Grand Lyon et la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire Rhône-Alpes ont invité, le 30 novembre 2011, les acteurs économiques de l'agglomération à se rencontrer et créer des synergies.

Portée par la volonté de créer des passerelles entre deux mondes qui se côtoient sans se connaître, la rencontre "dialogues autour de l'économie sociale et solidaire au Grand Lyon" du 30 novembre 2011 invitait à un échange actif, retranscrit dans les actes de la rencontre (document disponible en téléchargement).

Le secteur de l'économie sociale et solidaire dans le Grand Lyon

En quelques années l'économie sociale et solidaire a gagné en légitimité. Elle représente 9 % des établissements du Grand Lyon et près de 8 % du PIB ;  10 % des salariés du territoire sont employés dans des associations, mutuelles, coopératives ou fondations...

Dans l'agglomération lyonnaise les 49 800 associations représentent 80 % des emplois salariés du secteur de l'économie sociale et solidaire. C'est donc loin d'être une part négligeable de l'activité économique ou un phénomène de mode.

Entre 2005 et 2009, le secteur a progressé de 9 % sur la période contre 6,3 % pour le reste de l'économie.

Pourtant l'économie sociale et solidaire reste méconnue du grand public et fait l'objet de nombreux blocages.

Avec la réalisation de l'étude menée par l'observatoire de l'économie sociale et solidaire du Grand Lyon, il est possible de constater que le dynamisme économique en 2011 concerne la plupart des familles de l'économie sociale et solidaire, à l'exception des mutuelles qui ont stagné et baissé légèrement.

Les prises de paroles pendant les différentes tables ronde des "dialogues en ESS" ont permis d'amorcer des coopérations futures.

Le point de vue de quelques acteurs institutionnels

Bernard Fontanel, président du MEDEF

"Quand on dit que l'ESS résiste mieux à la crise ça peut s'expliquer. On trouve ses emplois dans les banques, les assurances. Ce ne sont pas des secteurs qui ont licencié. Ils ne se trouvent pas dans l'industrie, qui s'est trouvée dans des difficultés. Donc il ne faut pas s'étonner qu'ils aient mieux résisté, ça me parait tout à fait normal. L'économie sociale et solidaire, pour moi, est un système vertueux. Elle crée du lien social. L'économie sociale et solidaire n'est pas confrontée au résultat que l'entreprise vit comme une première contrainte."

Philippe Delanoue, membre de la CGPME Rhône et Rhône-Alpes

"Aujourd'hui une vrai difficulté joue sur le dialogue social : une absence de travail, des tensions. Dans des PME, en tout cas dans celles dont s'occupe la CGPME, le dialogue social existe. Mais on sait bien que c'est difficile, parce qu'on est pris par des priorités qui broient. Dans l'ESS, j'imagine que le poids historique oblige à une forme de dialogue..." mais "ça dépend dans quel domaine ? Si vous allez voir les représentants du personnel du Crédit Agricole ou du Crédit Mutuel ou des Caisses d'épargne, je pense qu'ils ne sentent pas toujours que c'est un dialogue franc, facile."

Nicolas Millet, directeur des stratégies territoriales à la CCI Lyon

"On voit une relative mais intéressante complémentarité entre le reste de l'économie et l'économie social et solidaire. Qu'on soit dans l'économie sociale et solidaire ou dans l'économie de marché, on a des effets de regroupement. Et les entreprises que je côtoie sont dans des clubs d'entreprises qui sont sous forme associative."

Bertrand Fayet, secrétaire général de l'UPA

"Il y a un certain parallèle à établir entre l'économie sociale et solidaire et l'artisanat. L'économie sociale et solidaire est inconnue de l'artisanat et de l'artisan. Est-ce que ces deux mondes se jugent, s'affrontent. Je pense qu'ils s'ignorent."

Didier Latapie, administrateur CMA Rhône

"Ce qui peut être intéressant dans ces statistiques c'est de savoir combien de coopératives ont d'artisans qui eux-mêmes ont des salariés pour avoir une vue globale du poids de l'économie sociale et solidaire. Nous avons un centre d'aide à la décision, où on apporte aux créateurs une aide, c'est là où il y a des passerelles possibles avec l'économie sociale et solidaire."

Jean Frébault, président du conseil de développement du Grand Lyon

"Notre souhait est de mettre en avant l'entrée citoyenne sur les questions de solidarité et éviter de fragmenter les acteurs économiques entre ceux qui auraient le label ESS et ceux qui font partie du monde économique en général."

Echanges croisés d'entrepreneurs autour des services à la personne

Blandine Peillon, PDG de Jours de printemps

"Nous sommes dans cette économie de services à la personne, qui fait partie du secteur d'activité de l'ESS. On est dans un secteur concurrentiel, puisque nous sommes concurrencés par les associations subventionnées. On est sur un secteur marchand. On vend nos heures de ménage, de garde, sans aucune subvention. Néanmoins, on vit très bien avec les associations aujourd'hui puisqu'elles représentent à peu près 80 % du marché."

Fawzi Benarbia, coordinateur petite enfance à la Mutualité française

"Notre objectif, notre projet, c'est de créer de l'utilité collective, de proposer des services de qualité innovants, accessibles à toutes les familles. C'est bien dans le champs de l'économie sociale. Il n'y a pas de projet d'association ou un projet lucratif qui soit meilleur : si ses projets offrent de l'utilité sociale, un service de qualité, effectivement accessible à tous, à un meilleur prix, il faut y aller."

Ghislaine Bartier, directrice des ets Saint Bernard (65 salariés en crèches associatives)

"Nous signons des conventions d'objectifs et de gestion […] et nous devons rendre des comptes sur nos activités. J'ai l'impression d'assurer la gestion de notre association comme une entreprise. Nous, les crèches associatives, avons très peur que pour être concurrentiel, on nous demande d'offrir un service de moindre qualité."

Frédéric Neymon, PDG de Age et perspectives (service à domicile pour personnes dépendantes)

"On est arrivé aux mêmes conclusions que les associations : des difficultés de recrutement, de formation […]. On a les mêmes problématiques. Après, on a effectivement des règles un peu différentes."